Humeur

Le feuilleton : BREXIT or not BREXIT ? Episode 3 saison 2 - l’ère des regrets

A un moins d’un mois de l’entrée en vigueur prévue pour le Brexit, les médias évoquent de plus en plus son report ; si les britanniques le demandaient, l’UE ne s’y opposerait pas.

De combien, ce report ? On parle de 3 mois mais aussi de fin 2020.

Mais en l'état, qu’apporterait un report sinon la prolongation du flou et de nouvelles complications ?

Depuis près de 3 ans (juin 2016) les britanniques se sont prononcés en faveur de la sortie de l’UE. Force est de constater que sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres (DDA, RGPD…) procrastination et impréparation sont quasi-générales, comme si le pied du mur était devenu le seul déclic efficace. Et encore, puisqu’on parle à présent de déplacer le mur…

Quoiqu’il en soit, la lassitude gagne tous ceux qui de près ou de loin sont concernés par cette décision très importante. Le vertige aussi devant l’impréparation et les atermoiements. Chaque fois qu’un problème est abordé un nombre invraisemblable de questions est soulevé auxquelles personne n’avait pensé et qui pour l’heure n’ont pas de solution.

Ainsi, le directeur général de l’ABI* s’inquiète de la nature des relations futures entre la Grande-Bretagne et l’UE. De fait, les britanniques ne participeront plus aux décisions qu’ils devront respecter s’ils veulent sauvegarder leurs intérêts sur le continent. Une situation qui réserve au Royaume Uni une position de rule taker c’est-à-dire d’état devant suivre des règles à l’élaboration desquelles il n’a pas été parti. Un risque hautement inacceptable pour Huw Evans le directeur général de l’ABI* qui souligne que « l’UE va démarrer sa revue de Solvabilité 2, avec en ligne de mire les questions cruciales du risk margin et du matching adjustment sans que le Royaume-Uni participe aux discussions alors même que la dernière fois nous avions négocié des changements pour adapter les pratiques de marché du Royaume-Uni ». Il poursuit « j’espère que cela n’arrivera pas. Mais il serait naïf de penser que dans les prochaines décennies, les règles européennes ne feront rien d’autre que refléter les intérêts de ses membres et non de ses anciens membres en recherchant à attirer des capitaux, des talents et des infrastructures de marché dans les 27 Etats membres ».

Nous entrons dans l’ère des regrets et cela risque de devenir réellement irritant !

*ABI Association of British Insurers
Source : ABI UK