Eclairage

Le meilleur investissement client, c’est le temps

Le temps client, celui consacré à l’accueillir et à l’écouter reste le meilleur moyen de l’intéresser à ce que vous vous voulez lui dire. Le reste en découle, son comportement et sa fidélité. Cela ne fait pas tout, mais palmarès après palmarès, enquête après enquête, lui consacrer du temps reste le meilleur investissement.

Il s’agit d’une valeur vieille comme le commerce, mais à l’heure du digital elle reste fondamentale. C’est le cœur de la relation qui se construit, se renforce et installe la confiance. Les commerciaux d’antan utilisaient une formule savoir perdre du temps avec son client. Il voulait tout simplement dire qu’une relation, y compris sur le plan financier, s’apprécie dans la durée. Ce que le management d’aujourd’hui a tendance à oublier sous la pression des objectifs, le plus souvent de court terme.

Le temps client est donc bien un investissement, c’est largement mesuré et démontré. Cela n’échappe pas à la rigueur de l’analyse économique. Bien sûr, ce facteur temps il ne faut pas l’utiliser à tord et à travers, il doit être d’autant plus optimisé qu’il est une ressource précieuse. Il faut donc savoir l’utiliser à bon escient. La réglementation va exiger d’entrer dans cette démarche. Elle rappelle que prendre le temps avec son client est un dû. En premier lieu, la phase d’information qui nécessite d’expliquer qui nous sommes, pour qui nous intervenons et sur quelles bases, permet d’entrer en relation sur de bonnes bases. Ensuite, la démarche de conseil désormais encadrée est assise sur une évaluation des besoins de chaque client. Ceci prend un temps incompressible de l’ordre de ¾ heure à une heure. C’est beaucoup, mais lorsque l’on mesure les informations recueillies, l’attention que l’on mobilise, il est important d’en tirer le meilleur et d’en faire un vrai temps client.

D’autant que, la réglementation DDA inspirée par la jurisprudence impose d’accompagner chaque client réellement et sérieusement tout au long de la vie du contrat. Cela fait partie de l’obligation de conseil. La gestion de l’information n’en est plus que nécessaire pour comprendre son client, suivre l’évolution de ses besoins et ajuster les garanties. Les distributeurs d’assurance savent bien que cela constitue une occasion de renforcer la relation, d’ajuster les garanties et souvent de vendre de nouvelles garanties. Ce constat n’est une découverte pour personne. Ancrer cela dans une culture de la relation c’est faire d’une contrainte une opportunité gagnante. La relation client et le temps effectif qui lui sont consacrés sont des indicateurs de performance.

Henri Debruyne

L’ère du client

Le client est l’Alpha et l’Oméga de nos activités, la raison et la finalité de ce que nous sommes. Au-delà de l’affirmation, c’est une réalité dont nous tardons à reconnaitre l’exigence et pourtant elle constitue désormais la norme sociale.

La décision du Conseil constitutionnel de donner à chaque client la possibilité de renégocier tous les ans son assurance emprunteur est emblématique. Les sages justifient leur décision par l’intérêt général et, plus précisément, par la nécessaire protection des consommateurs. Ils ne retiennent pas les arguments économiques présentés par les banques et sacrifient même le dogme de la rétroactivité. Ainsi est confortée une évolution constante de la réglementation qui place, désormais, le client tout en haut de la pyramide des préoccupations et des priorités.

La Directive distribution, mais aussi le Règlement Général sur la Protection des Données personnelles sont animés par ce même principe, à savoir le respect absolu des intérêts du client. En réalité, le législateur reprend et transcrit l’évolution jurisprudentielle, tant les magistrats, en France comme en Europe, n’ont eu de cesse de protéger le client. Ce n’est donc pas franchement nouveau. D’ailleurs, une littérature abondante invite à placer le client au centre des enjeux. Un simple bon sens, repris par de nombreux discours qui parfois tournent à la posture. Même l’analyse économique démontre combien les politiques soucieuses du client et les organisations véritablement orientées vers eux génèrent de meilleurs résultats tant en termes de développement que de profitabilité. Une quasi-unanimité semble forger un consensus.

Il reste que les organisations qui ont basculé dans cette nouvelle dimension ne sont pas nombreuses. Les freins restent omniprésents, le plus souvent animés par des bureaucraties terriblement contre-productives. Ce qui fait qu’en réalité, la prise en compte du client est loin d’être aboutie, obligeant la réglementation de s’en emparer et de malmener ceux qui trainent les pieds. Toutefois, la sanction la plus impitoyable vient des clients eux-mêmes, puisqu’ils finissent par se détourner de ceux dont ils pensent, à tort ou à raison, qu’ils ne sont pas à leur écoute, peu disposés à les satisfaire ou tout simplement bureaucratiques. Les clients ont compris leur pouvoir. Ils sont soucieux de qualité autant que de liberté et plébiscitent ceux qui sont attentifs à leurs attentes.

L’évolution sociétale a des aspects impitoyables, et nous n’avons d’autre choix que de la prendre telle qu’elle est et de lui apporter la meilleure réponse possible. En cela, la réglementation peut aider, dans la mesure où elle induit des attitudes différentes et, dans de nombreux cas, des changements profonds d’organisation.
Bien entendu, tout ceci a un coût, mais cela permet aussi d’améliorer la qualité du business. Il y a un cercle vertueux à articuler entre la satisfaction du client, la motivation des équipes et la profitabilité des opérations.

L’ère du client est donc arrivée. Longtemps théorisée, le plus souvent négligée, elle s’impose à nous. Ceux qui ne veulent pas en prendre la mesure ont des jours difficiles devant eux.

Henri Debruyne

2018 : l’année du professionnalisme

Les millésimes sont aussi ce que nous en faisons. Certes, certains sont servis par des ingrédients plus favorables, mais le déterminant reste le talent, la volonté et la clairvoyance de ceux qui le font. 2018 n’échappera à cette règle.

Le contexte est favorisé par le retour tant attendu de la croissance dans la zone euro à laquelle la France accroche enfin son train. Il l’est aussi par des mesures qui devraient doper l’épargne comme la hausse du pourvoir d’achat des salariés et la suppression de l’ISF. Des dispositions que les experts s’accordent à considérer qu’elles vont toutes dans le bon sens. Selon toute probabilité, l’activité devrait donc être soutenue.

Pour l’exercice du métier, 2018 sera une année clef. La mise en œuvre effective de MIF II*, puis de la DDA** et enfin de RGPD*** va profondément modifier les pratiques professionnelles. Cela peut donner le vertige, tant il est vrai que la mise en conformité requiert du temps, de l’énergie et de l’argent. L’ensemble du secteur, au premier rang duquel les distributeurs, sera largement mobilisé.

En sortant de cette période difficile, c’est un paysage clarifié qui s’offrira à nous. Plus professionnel et plus que jamais attaché au service des clients. Car l’enjeu est bien là. Améliorer la protection des consommateurs, accroitre la transparence, rehausser la qualité de l’information et faire du conseil le cœur de la relation avec chaque client. En d’autres termes, tous les acteurs de la distribution de l’assurance sont invités à un effort de professionnalisation sans précédent.

Certaines pratiques souvent décriées à juste titre, mais jamais complètement éradiquées, vont disparaitre. Des facilités mises à nues ne seront plus tolérées. L’exigence de professionnalisme devient un préalable à toute relation avec les clients. Elle impose des standards qui, sans être complètement nouveaux, n’étaient pas partagés par tous. Ceux qui ont déjà adopté ces niveaux d’exigence ne peuvent que s’en féliciter, les autres feront l’effort de s’y conformer au risque de décrocher. Le dernier carré, en particulier certains modèles économiques savent et probablement depuis quelque temps qu’ils n’ont plus leur place sur ces marchés. Il faut bien comprendre que cette évolution n’est pas une alternative aux affaires, elle est le préalable à leur réalisation.

Nous sommes en train de changer d’époque. La contrainte de la conformité ne doit pas nous empêcher de voir les profonds bouleversements apportés par la numérisation des activités. Pas seulement par la modernisation des systèmes, mais aussi par ce qu’elle induit dans les comportements des clients. Cela concourt à la transparence, à la facilitation des traitements et à la rationalisation des procédures.

Les compétences requises, les exigences de savoir-être pour exercer les fonctions de distributeurs, se renforcent. Ce qui crée des obligations nouvelles qu’il est indispensable de satisfaire pour continuer à exister sur les marchés. Une présence qui passe par une réponse aux exigences des consommateurs et pas seulement par une simple conformité aux contraintes de la réglementation.

Tous les professionnels le savent, ils ne travaillent plus comme il y a seulement une dizaine d’années. 2018 verra selon toute vraisemblance l’émergence de standards qui, dans les faits, permettront de mettre en évidence ce qu’est le professionnalisme.

Henri Debruyne

*MIF : Réglementation des marchés d’instruments financiers entre en vigueur le 3 janvier 2018
** DDA : Directive distribution d’assurance entre en application le 1ier octobre 2018
*** RGPD : Règlement général sur la protection des données sera effectif le 24 mai 2018.