Eclairage

Mise en conformité réglementaire : entre inquiétudes et volontarisme !

A moins de trois mois de la mise en conformité avec la Directive distribution, la pression monte*.

L’inquiétude est palpable. Elle gagne du terrain, d’autant que le répit de quelques mois, concédé par les autorités européennes, ne semble pas vraiment avoir été mis à profit. Les distributeurs, notamment les intermédiaires, sont sujets à une certaine fébrilité. Ils s’interrogent : comment faire ? quelles sont les priorités ? Comment les Assureurs vont-ils nous aider ? Quelle sera la position de l’ACPR ?

Une inquiétude, parfois teintée de paranoïa. Nous allons être mis en cause plus souvent, comment nous protéger ? Quels sont les outils adaptés ? Les explications et une clarification du formalisme lèvent très vite ce sentiment d’être assiégé par des exigences nouvelles. Le volontarisme l’emporte rapidement dès que la raison prend le dessus. Faisons-le, disent-ils, en se tournant vers les Assureurs dont ils pensent qu’ils peuvent les aider parce que cet enjeu est aussi le leur.

Ainsi, comme souvent, après le déni et la contestation, vient le temps de l’action. Pour les distributeurs, c’est le comment faire qui s’impose, bien éloigné des modalités juridiques, souvent rédigées par des juristes précis, voire tatillons qui in fine donnent l’impression de renvoyer la charge réglementaire sur les seuls intermédiaires. Le fait de ne pas avoir des interlocuteurs prompts à les soutenir accroît leur insécurité potentielle et cela n’est bon pour personne.

L’enjeu pour les Assureurs est donc triple. Il est, en premier lieu factuel, en expliquant les nouvelles contraintes pour dépassionner leur compréhension. Cela d’autant qu’il s’agit plus d’un approfondissement des règles existantes et donc, pas d’une révolution. Ensuite, en rassurant sur les procédures qui faciliteront le respect de la réglementation. Cet enjeu est, enfin et surtout, de bien mettre en avant que la conformité n’est pas un dispositif anti-business. L’activité restera soutenue à condition, toutefois, que les outils rendent les procédures gérables.

Bien au contraire, la formalisation, la prise en compte plus attentive des besoins des clients, la délivrance d’un conseil adapté concourent à mieux faire son métier de distributeur et à réaliser de meilleures affaires. Loin des esprits chagrins qui prétendent qu’avant c’était mieux, il faut mettre en avant la démarche de progrès, l’exigence de la protection des clients. Non, le métier n’est pas foutu, il se réinvente pour rester en harmonie avec les attentes des clients. C’est une perception largement partagée chez les distributeurs, il faut les aider à la faire vivre.

Henri DEBRUYNE

* MEDI a fait une quarantaine de réunions au cours des 8 derniers mois avec près de 600 distributeurs (agents, courtiers et collaborateurs commerciaux).