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Gouvernance produits : Les distributeurs doivent s’imposer !

L’interface client est un enjeu majeur. Le satisfaire naturellement, le conquérir ou le conserver cela va de soi, mais plus encore remplir l’obligation de conseil.

En première ligne, les distributeurs - terme générique qui englobe tous ceux qui proposent des produits d’assurance – sont confrontés à la pression croissante du devoir de conseil. En réalité, celui-ci est devenu la pierre angulaire de leur relation avec leur client et donc de leur responsabilité à leur égard. Et, comme la relation a une dimension fortement interpersonnelle, le devoir de conseil devient une obligation de loyauté.

De fait, avant même de parler produits ou solutions, le professionnel doit donner son avis à partir de l’évaluation des besoins qu’il aura préalablement réalisée. Ensuite, il lui faut justifier auprès du client que la solution qu’il préconise est conforme au conseil dégagé de ses besoins. Cet aspect, parfois minimisé, est essentiel et peut conduire le distributeur en toute honnêteté à constater qu’il n’existe pas réponse adéquate ou qu’il ne l’a pas. Dans ce cas, il le doit dire à son client ou au moins mettre en évidence les insuffisances de sa proposition.

Chacun perçoit l’insupportable situation ainsi créée, une forme de schizophrénie pour le distributeur dont la fonction est aussi commerciale. Il a un client et il n’a pas la réponse qu’il convient ou celle-ci est imparfaite. Il faut donc que ces situations soient les plus rares possibles. En principe, la gouvernance produits doit les éviter puisque le processus fait en sorte que les produits mis sur le marché répondent aux besoins réels des clients. Pour y parvenir, les services marketing ont à leur disposition différents moyens d’études.

Néanmoins, l’un des plus efficaces est d’associer les forces commerciales à la validation des produits. Celle-ci est une phase obligatoire de la gouvernance et elle intervient en amont de la mise sur le marché. Or, personne n’est en situation plus pertinente pour évaluer la bonne adéquation du produit que ceux qui rencontrent tous les jours les clients. Une contribution qui permettra de réduire la distance entre la construction du contrat et les résultats espérés pour les clients.

Les distributeurs ont donc un rôle clé à jouer dans l’élaboration des produits bien avant qu’ils ne soient sollicités pour les vendre. Ils doivent donc s’imposer dans le processus et l’enrichir de leur expérience. Aujourd’hui, les entreprises d’assurances sont peu enclines à leur laisser jouer ce rôle et c’est une perte de richesse autant que d’efficacité.

Il leur faut donc oser et s’imposer dans la gouvernance produit.

Henri DEBRUYNE

JURISPRUDENCE - peut-on être ouvrier d'entretien ET avocat ?

On savait déjà qu'en Grèce il n'était pas incompatible d'être moine dans un monastère orthodoxe ET avocat.
On apprend à présent que rien ne s'oppose en France à ce qu'on soit ouvrier ET avocat, ou en tout cas qu'on le devienne sans passer par la case formation-diplôme.
En effet la Cour de cassation vient de donner raison le 10 octobre à un monsieur qui avait sollicité son admission au Barreau de Paris sous le bénéfice de la dispense légale de formation et de diplôme prévue pour les juristes attachés pendant huit ans au moins à l'activité juridique d'une organisation syndicale, ceci à temps plein.
L'Ordre des avocats contestait cette dernière condition car le candidat-avocat faisait également des ménages.
La Cour de cassation s'est penchée sur ses horaires effectifs et en a conclu que son activité d'ouvrier d'entretien s'exerçait tôt le matin ou tard le soir, de sorte qu'elle ne l'empêchait pas de travailler toute la journée en qualité de juriste de droit social d'un syndicat.
Comme quoi on peut exceptionnellement mélanger les torchons (à poussière) avec les serviettes (en cuir).

Source : MEDI