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L’assurance face à l’irrationalité des comportements des clients - L’interlocuteur humain reste incontournable

L’environnement général perçu comme complexe ou fuyant relance la question lancinante des comportements pour partie irrationnels des clients. L’émergence de process par définition rationnels n’y change rien. C’est le rôle de l’interlocuteur qui fait la différence.

L’assurance est complexe et le restera. Aussi diverse que la vie, aussi multiple que les trajectoires humaines, elle est anxiogène et immatérielle. Il suffit de prendre conscience de la masse de questions, d’informations, de documents, de mises en garde lors de la souscription d’un contrat même perçu comme banal pour comprendre pourquoi le client est bien disposé car il devrait fuir avant la fin du premier contact utile.

Les efforts de rationalisation, de simplification n’y changent rien. Tout cela reste impénétrable et surtout le client n’a pas envie d’y rentrer. Aussi reste-t-il à la périphérie du sujet et comme le disent les spécialistes adopte des comportements réels rarement conformes à la théorie des choix rationnels. Ce qui fait que l’interlocuteur humain est et reste incontournable. Il réduit les écarts de compréhension – la fameuse asymétrie de l’information - et permet au client de ne pas se perdre dans un dédale d’informations et de choix possibles. Il a la capacité unique d’ajuster la demande et l’offre.

Cette réalité donne aux distributeurs un atout considérable, identifié depuis longtemps à travers le vecteur de la confiance. En fait, ce n’est qu’une prédisposition favorable. Elle suppose que le distributeur fasse correctement son travail ce qui nécessite de donner les bonnes informations et de délivrer le juste conseil. Ce n’est pas une utopie puisque la directive distribution a renforcé clairement les obligations qui pèsent sur les distributeurs, en particulier dans ce domaine.

Las, alors que le conseil est une obligation personnalisée et donc doit être rendu de personne à personne, d’aucuns s’échinent à le standardiser pour que le distributeur ne soit que le collecteur des besoins et des attentes du client. Le reste étant traité soit par un back office, soit par un robot pétri d’intelligence artificielle. C’est une double perversion, du code des assurances, d’une part, et, d’autre part de la nécessité à travers l’interrelation, d’informer, conseiller et accompagner chaque client. L’aider à s’y retrouver, fonder sa confiance et apaiser ses inquiétudes se fait à travers l’interrelation humaine et pour l’instant personne n’a trouvé d’alternative crédible. Les dernières recherches scientifiques montrent que l’absence d’interrelation génère des biais comportementaux dont les effets sont bien plus pénalisants y compris pour les résultats techniques des assureurs.

Dans des temps où l’irrationalité prend des proportions préoccupantes, il est impératif de remettre l’humain au cœur du dispositif et de ne pas en faire le supplétif de systèmes désincarnés.

Les comportements sont ce qu’ils sont, certes nous pouvons mieux les connaitre pour mieux les comprendre, mais pas les changer.

Henri DEBRUYNE

Le feuilleton : BREXIT or not BREXIT ? Episode 3 saison 2 - l’ère des regrets

A un moins d’un mois de l’entrée en vigueur prévue pour le Brexit, les médias évoquent de plus en plus son report ; si les britanniques le demandaient, l’UE ne s’y opposerait pas.

De combien, ce report ? On parle de 3 mois mais aussi de fin 2020.

Mais en l'état, qu’apporterait un report sinon la prolongation du flou et de nouvelles complications ?

Depuis près de 3 ans (juin 2016) les britanniques se sont prononcés en faveur de la sortie de l’UE. Force est de constater que sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres (DDA, RGPD…) procrastination et impréparation sont quasi-générales, comme si le pied du mur était devenu le seul déclic efficace. Et encore, puisqu’on parle à présent de déplacer le mur…

Quoiqu’il en soit, la lassitude gagne tous ceux qui de près ou de loin sont concernés par cette décision très importante. Le vertige aussi devant l’impréparation et les atermoiements. Chaque fois qu’un problème est abordé un nombre invraisemblable de questions est soulevé auxquelles personne n’avait pensé et qui pour l’heure n’ont pas de solution.

Ainsi, le directeur général de l’ABI* s’inquiète de la nature des relations futures entre la Grande-Bretagne et l’UE. De fait, les britanniques ne participeront plus aux décisions qu’ils devront respecter s’ils veulent sauvegarder leurs intérêts sur le continent. Une situation qui réserve au Royaume Uni une position de rule taker c’est-à-dire d’état devant suivre des règles à l’élaboration desquelles il n’a pas été parti. Un risque hautement inacceptable pour Huw Evans le directeur général de l’ABI* qui souligne que « l’UE va démarrer sa revue de Solvabilité 2, avec en ligne de mire les questions cruciales du risk margin et du matching adjustment sans que le Royaume-Uni participe aux discussions alors même que la dernière fois nous avions négocié des changements pour adapter les pratiques de marché du Royaume-Uni ». Il poursuit « j’espère que cela n’arrivera pas. Mais il serait naïf de penser que dans les prochaines décennies, les règles européennes ne feront rien d’autre que refléter les intérêts de ses membres et non de ses anciens membres en recherchant à attirer des capitaux, des talents et des infrastructures de marché dans les 27 Etats membres ».

Nous entrons dans l’ère des regrets et cela risque de devenir réellement irritant !

*ABI Association of British Insurers
Source : ABI UK