Loi PACTE : Epargne retraite et ses enjeux opérationnels
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L’assurance non-vie se porte bien

Les entreprises d’assurance non-vie tirent leur épingle du jeu. Le résultat technique net du secteur Non-vie ressort à 6,7 % en 2017 contre 5,9 % en 2016. Un résultat positif cohérent sur la décennie (2007-2017) qui oscille entre 9.3% et 4.1%.

Malgré un contexte concurrentiel croissant, une situation économique incertaine et une réglementation plus contraignante les assureurs non-vie maintiennent un résultat technique favorable. C’est une bonne nouvelle et il faut les féliciter. Cela souligne la solidité de leurs bilans et la qualité de leur gestion. Des garanties essentielles pour assumer leurs engagements à l’égard de leurs clients.

De fait, le pilotage de la performance dans l’assurance est plus que jamais délicat pour les entreprises qui doivent trouver un équilibre entre compétitivité et croissance rentable. L’analyse des résultats sur la période 2007 – 2017 met en évidence deux données clés qui semblent associées à ce résultat, la qualité du réseau de distribution et la structure du portefeuille. Deux composantes qui, année après année, se vérifient. Les Sociétés avec intermédiaires sont quasi constamment au-dessus de la moyenne du marché ainsi que les filiales de banque.Graph01NL155

Dans les réseaux bancaires, le poids du dommage corporel (25.7%) contribue fortement à la bonne tenue du résultat technique. Il est en décroissance, sur la période observée, à la mesure de la place prise par l’assurance auto et l’assurance multirisque habitation (27% et 23%), mais il reste élevé. Cela résulte du volontarisme des banques qui soutient leur développement et se traduit par des résultats plus favorables que ceux du marché.

Graph02NL155Les Sociétés traditionnelles ont des portefeuilles équilibrés qui produisent des résultats techniques nets supérieurs à la moyenne du marché (7,3% contre 6,7%). Là encore, la qualité des réseaux et des équipes de souscription et donc la maîtrise du métier sont déterminants avec un rapport sinistre à cotisation à 72,1% pour un marché à 73%. A noter que, les assureurs directs peinent à équilibrer leurs résultats avec un ratio combiné à 101.6% contre un marché à 96,7% et un résultat technique net de 0,5% qui rompt avec une quasi-décennie de pertes.

Malgré ces résultats favorables et relativement stables la pression des filiales de banques se fait sentir. Elles gagnent des parts de marché, principalement en assurance auto et habitation et de manière rentable. Une situation qui devrait conduire les assureurs à riposter vigoureusement pour endiguer une montée en puissance qui bouscule leurs positions.

Henri DEBRUYNE

*Dans le périmètre des SSI nous trouvons pour l’essentiel Groupama

La connaissance client au cœur d’une révolution sans précédent !

Un nouveau contexte d’enjeux, de pratiques et d’acteurs est en train d’émerger. Il conteste les organisations même les mieux installées, redessine les relations et pose en termes différents les critères de performance.

Largement porté par la numérisation des activités, ce mouvement est profond et global. Il est centré sur le client qui, de ce fait, devient stratégique puisque l’enjeu est la capacité de faire des affaires avec lui le mieux et le plus longtemps possible. La connaissance de ses besoins, de ses exigences, mais aussi de ses envies, de ses projets immédiats comme plus éloignés, ainsi que les informations qu’il capitalise sur ce qu’il a vécu et comment, deviennent indispensables pour le servir au plus près de ses attentes.

Chacun de nous fait l’expérience de la façon dont il est traité, de la manière dont on lui répond, comment ses préoccupations sont anticipées et comment les réponses formulées se calent au plus près de ce qu’il croit être ses besoins. Cette expérience client - pour reprendre la formulation de ce concept certes pas vraiment novateur - est devenue une clé de la compréhension du multi équipement et de la fidélisation. Et là, nous touchons au cœur de la performance, celle qui fabrique la profitabilité des opérations et la santé financière des entreprises (Institutions d’assurance comme de distribution).

Le défi est donc de comprendre que nous sommes sortis de l’ère du traitement de masse pour entrer dans celui de l’individu. Toutefois, l’individualisation des solutions ne consiste pas à adapter une solution collective à une situation personnelle. Elle suppose que nous soyons capables d’entrer dans la compréhension du client, intimement liée à son expérience, et de l’accompagner dans la gestion de ses projets. Les formidables capacités des bases de données peuvent aider à comprendre et à anticiper. Mais fournir la réponse et moduler l’accompagnement nécessitent de repenser profondément les organisations. La verticalité a vécu, l’horizontalité aussi. Elles sont trop rigides, trop éloignées du cœur des solutions qu’il faut désormais produire. Pour être au plus près des clients et de leur complexité, il faut désormais être agile, réactif et retrouver une proximité largement perdue par des organisations autocentrées.

Les organismes ou entreprises qui réfléchissent à la meilleure manière de relever ce défi en viennent à repenser leur organisation, leur système de management et, pour tout dire, l’essence même de leur mission. De fait, il n’est plus envisageable de servir les clients avec les solutions et les dispositifs issus du modèle fordiste traditionnel. Répondre aux grandes thématiques de la mobilité, du vieillissement ou de l’habitat ne se fera pas sans intégrer des éléments multi-sectoriels multi-sectorielles. Car les réponses concrètes qui seront demain vendues aux clients résulteront de l’agglomération de réponses hybrides. Le financement du grand âge aura moins d’intérêt si les solutions d’accompagnement, de garde et de soins ne sont pas apportées. C’est donc bien un écosystème qui est en train d’éclore et qui ne manquera pas de casser la vision traditionnelle de la filière.

L’industrie de l’assurance a certes longtemps maintenu un dispositif souple, décentralisé, appuyé sur des réseaux de distribution largement autonomes. Néanmoins, elle a perdu au fil du temps une grande part de ces atouts car les organisations se sont rigidifiées. Il faut donc réinventer de nouvelles autonomies. La fin des systèmes centralisés coïncide avec l’émergence d’une nouvelle approche plus collaborative, gérant les proximités au plus près et intégrant des solutions puisées hors des filières traditionnelles.

Henri Debruyne