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La manie du meccano étatique : la CDC, la Cnp et la Poste.

La Cnp est une « belle maison », mais elle ne maitrise pas sa distribution. La Poste, qui ne cesse de voir ses métiers traditionnels se rétrécir, a besoin d’un adossement plus puissant pour son bras financier, la banque Postale.

Le départ surprise de Frédéric Lavenir, directeur général de la Cnp, relance les spéculations sur un rapprochement de cette institution avec la Poste et, ce faisant, sur la position clé de la Caisse des Dépôts et Consignations. Les cerveaux de la puissance étatique tournent à plein rendement pour construire un nouveau groupe « du service public ».

L’enjeu n’est pas mince. La Cnp est une vieille institution qui certes a de réels atouts, mais souffre de la difficulté majeure de ne pas maîtriser ses réseaux de distribution. Elle s’est longtemps appuyée, pour distribuer ses produits, sur les Caisses d’épargne et sur la Poste. La construction de la BPCE, le groupe bancaire qui réunit les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne, a redistribué les cartes depuis 2016 et ne parait plus apporter une stabilité suffisante dans la durée. La Poste a entrepris une réorientation majeure de ses activités en s’appuyant sur la banque Postale. Une réorientation vitale pour ce groupe public qui est par ailleurs une réussite.

L’idée de marier ces deux organismes n’est pas nouvelle. Elle peut avoir du sens, mais elle soulève une question importante. Celle de la place de la puissance publique dans des activités concurrentielles qui couvrent de manière satisfaisante les besoins des citoyens. De plus, la multiplicité des intervenants, de leurs statuts comme de leurs formes d’intervention sur les marchés offre une large palette de solutions. En effet, quel serait le besoin qui ne serait pas satisfait aujourd’hui par le marché et qui nécessiterait une intervention de la Puissance publique ?

Au moment où le gouvernement prépare un plan de cession des actifs détenus par l’Etat afin de trouver des ressources pour se désendetter, il pourrait être judicieux de privatiser les activités rassemblées dans le nouveau groupe. Une solution qui aurait plusieurs avantages. Le premier serait de mettre à parité tous les groupes qui interviennent sur ces marchés. Le second serait de donner une nouvelle impulsion à des acteurs qui ont toujours vécu dans l’ombre de la puissance publique. Le troisième avantage enfin, serait de rendre à l’Etat sa stricte mission régalienne et de ne plus avoir le souci ou la tentation d’intervenir là où son rôle n’est plus nécessaire.

Henri DEBRUYNE

2017 : des raisons d’espérer !

Les temps sont troublés, certes. Les conditions de marché sont difficiles, bien sûr. L’avalanche réglementaire est perturbante également, mais il existe aussi de bonnes raisons d’espérer. 2017 recèle d’opportunités.

Le maelström réglementaire auquel le secteur financier est confronté depuis plusieurs années cause beaucoup de perturbations. Mais il renforce la solidité des organismes financiers et de leurs offres. Jamais les acteurs n’ont été aussi solides et donc capables de répondre aux besoins d’un monde chahuté, aux équilibres contestés et aux perspectives inquiétantes sous bien des aspects. La contribution potentielle des assureurs, notamment, aux besoins d’une société civile qui doit affronter de nombreux périls, s’étendant de l’évolution des risques climatiques à l’essoufflement marqué de l’Etat providence. Sous cet angle, solidité financière et savoir-faire sont deux atouts maîtres pour jouer une nouvelle partition, à n’en pas douter, de grande ampleur.

La réglementation, toujours elle, renforce la protection des intérêts des consommateurs. Un nouveau jeu de contraintes, à l’évidence, qui conduit à repenser et à rehausser la qualité de la relation client. Ce faisant, cette réglementation force à intégrer une dimension éthique parfois marginalisée, sinon oubliée. La responsabilité du distributeur devient centrale à travers le devoir d’information et l’obligation de conseil. Si une telle démarche va demander des efforts, elle sera un atout pour ceux qui joueront cette partition. Les autres, c’est vrai, ont quelques soucis à se faire.

L’épargne des ménages s’accroît et l’assurance vie reste le placement préféré des français. Certes, la conjoncture n’est guère favorable, les taux longs se trainent désespérément et les fonds en UC délicats à manier. Néanmoins, la manne est là et les besoins de long terme colossaux. Qui mieux que les assureurs peuvent développer des solutions crédibles ?

L’assurance non-vie reste une activité difficile et, ces derniers temps, les équilibres techniques sont plus compliqués à tenir. Toutefois, observons que sur une période moyenne (2005-2015) la rentabilité s’est globalement maintenue. Dans ces dimensions de risques, les besoins croissent aussi, il faudra les satisfaire, et les assureurs peuvent offrir un savoir-faire éprouvé.

Si l’avenir n’est pas un chemin de facilité, il n’est pas non plus sombre à pleurer ! Il existe de sérieuses raisons d’espérer. Ce qui est enthousiasmant !

Henri DEBRUYNE