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Les brèves du MEDI
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Le MEDI dans la presse
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La DDA et le digital renforcent le conseil humain

La prééminence du conseil humain se trouve à la convergence de deux mouvements. Le premier est le renforcement du devoir de conseil, le second est l’arrivée à maturité de nouveaux outils apportés par la vague digitale.

Bien loin des fantasmes du remplacement de l’homme par la machine, l’Intelligence artificielle trouve progressivement sa place dans les activités commerciales. Elle supplée le professionnel pour le libérer de tâches administratives et / ou répétitives et lui permettre de donner la pleine mesure de son analyse et de ses conseils. Cela vient à point nommé. La DDA impose de délivrer un conseil personnalisé et de respecter un processus formalisé.

Un formalisme prégnant qui s’il n’est pas soutenu par les outils ad hoc aura tendance à brider le dynamisme commercial. Or, ces outils, outre le fait qu’ils peuvent être des guides pour ne rien omettre, permettent de libérer du temps commercial. Ce qui potentiellement aide les distributeurs à optimiser leur prestation et à se consacrer à l’essentiel : le client.

Le conseil, désormais pierre angulaire de l’action commerciale prend une place croissante. Le MEDI évalue le temps nécessaire à l’évaluation des besoins des clients, la délivrance du conseil et l’acte de vente stricto sensu à une heure pour un produit sans complexité particulière, parfois un second entretien sera nécessaire. Quoiqu’il en soit, cela représente un doublement du temps consacré à la réalisation d’un acte commercial jusqu’ici estimé à 25 minutes.

Si le conseil reste et restera l’apanage de l’intervenant humain, l’intelligence artificielle aidera à ce qu’il soit rendu, structuré dans les formes requises et elle en conservera la mémoire.

L’optimisation du temps commercial prends un relief particulier. Ce qui induit de replacer l’acte commercial dans le cadre global du multi-équipement du client et de sa fidélité, sans quoi l’objectif de rentabilité restera un leurre. Regarder l’approche client en 3D en quelque sorte ne pourra pas se faire sans le soutien des outils. Plus leurs fonctionnalités seront avancées et plus l’efficacité commerciale sera grande. Ce sont les premiers retours d’expériences qui mettent en évidence ces progrès.

Enfin, un point mérite d’être souligné. Les expériences en cours montrent qu’il ne suffit pas de mettre à disposition les outils et d’apprendre à s’en servir. Leur généralisation s’accompagne d’une profonde remise en compte des modes de fonctionnement et des pratiques de management. Repenser le parcours client, améliorer les prestations qui lui sont servies présuppose que les forces commerciales aient été préalablement mises en situation de maîtriser sereinement les nouveaux processus.

Ce sont elles qui in fine délivrent la valeur ajoutée, si elles n’y sont pas préparées, si elles n’ont pas un sentiment de maîtrise suffisant et si elles ne perçoivent pas que l’organisation les soutient, elles n’atteindront pas le niveau de performance souhaité. Mettre le client au centre implique que les commerciaux y soient déjà.

Henri Debruyne

Assurance non-vie : la bonne santé des filiales de banque

Les filiales de banque renforcent leurs positions sur les marchés d’assurance non-vie. Imperturbablement, elles gagnent du terrain, optimisent leur gestion et améliorent la rentabilité de leurs opérations.

En 2015, les bancasseurs ont continué de grapiller des parts de marché (+0,8), poursuivant leur progression à un rythme annuel, bon an-mal an, de 1 point de pourcentage. Elles détiennent désormais 17% des affaires directes de l’assurance non-vie. Les affaires gagnées ont été prises, pour l’essentiel cette année, aux SAI (Sociétés avec intermédiaires) ( -0,6), les MSI (Mutuelles sans intermédiaires) sont quant à elles parvenues à stabiliser leur érosion.

Résultat technique par mode de distribution
des sociétés Dommages
(en % des primes nettes) (2015)

 Graph01NL85
 Source : Etat C1 (base Affaires directes France) Analyse MEDI

Les filiales de banque tirent le meilleur parti de la structure de leur portefeuille où le poids de l’assurance prévoyance est prépondérant : 27% de leur chiffre d’affaires, contre 14% pour les SAI, 10% pour les MSI et 3% pour le Direct. Ce qui leur apporte une grande stabilité de portefeuille et des résultats techniques positifs de manière constante, année après année. En 2015, ces dernières ont frôlé le seuil des 10% des cotisations nettes, soit trois points de plus que la moyenne du marché. Ces entreprises d’assurances qui distribuent exclusivement par les réseaux des banques, qui sont aussi leurs propriéraires, ont contruit un système performant et foncièrment tourné vers la rentabilité.

En premier lieu, ces bons résultats reposent sur une bonne maîtrise de la sinsitralité (62,1% de rapport sinistre à cotisations en 2015) en amélioration de 5,3 points de pourcentage par rapport à 2014. Un niveau sensiblement meilleur que celui des MSI (78,2%), du Direct (76,6%) et des SAI (70,7%). Cette bonne maîtrise n’est pas seulement liée à la prépondérance des graranties prévoyance (dommages corporels) qui bénéficient généralement d’une sinistralité plus « douce ». Mais elle s’applique également aux autres branches de risque.

Les frais généraux globaux en assurance non vie (2015)
 Graph02NL85
Source : Etats C1 – analyse MEDI

Ensuite, leurs frais généraux leur permettent de supporter des coûts d’acquisition élevés : près de 20% (19,8%) contre 17,3% pour les SAI, 14,8% pour le Direct et 10,7% pour les MSI, qui permettent de financer les réseaux des banques qui distribuent leurs produits. Une ressource financière dont elles ont cruellement besoin. En effet, leurs activités traditionnelles ne leur permettent pas de couvrir les frais de fonctionnement de leurs réseaux d’agences. Les commissions d’assurances sont donc indispensables à leurs équilibres fiannciers.

Ce succés indéniable est-il pérenne ? A l’évidence, ces compagnies d‘assurances continueront de bénéficier de leur bonne maîtrise technique, mais aussi de l’excellente répartition de leur portefeuille. Néanmoins, cet équilibre est contesté par deux facteurs exogènes. Le premier est lié aux contrats de prévoyance dont les marges sont élevées – en moyenne supérieures à 40% - et stables. La tendace est à la baisse. La concurrence va éroder ces niveaux, comme nous le voyons dans l’assurance emprunteur.

Le second bouleversement proviendra de la réglementation de la distribution de l’assurance. En effet, les obligations liées au devoir de conseil, à une nouvelle appréciation de la transparence et des conflits d’intérêts vont imposer de nouveaux comportements commerciaux. Sur ce plan, la belle mécanique de distribution que les banques ont mis en place avec succés, devra être revue.

La dernière interrogation est celle de la concurrence. Jusqu’à présent force est de constater l’impuissance des acteurs traditionnels à enrayer la marche en avant des filiales de banque sur leur propre territoire. Sauront-ils mettre suffisamment de pugnacité pour changer le cours des choses ?

Henri DEBRUYNE