Le MEDI dans la presse
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Les notes d'analyse du MEDI
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L’assurance face aux défis de la complexité et à l’incertitude

L’horizon qui se dessine devant nous est à la fois complexe et incertain. Complexe comme le monde qui nous entoure ; incertain parce que nous ne le préparons pas. Or l’incertitude est notre réalité, et pour les assureurs leur fonds de commerce.

La complexité du monde qui nous entoure fait qu’aucune solution ne peut être simple. Les évolutions de consommations, les aspirations des clients, l’irruption du digital modulent les marchés. La concurrence impose sa loi. Ceux qui s’en éloignent, déclinent. Les MSI voient leurs parts de marché se tasser à la mesure de leur redressement tarifaire, rendu nécessaire par la préservation de leurs équilibres techniques. Les Intermédiaires résistent et, bonne nouvelle, les agents généraux regagnent un peu de terrain. Les gagnantes sont les filiales de banque, plus présentes, sinon plus agressives commercialement. Elles dominent la distribution d’assurance vie et, bon an, mal an, grignotent des parts de marché en assurance non-vie. Il faut dire que, pour les réseaux bancaires, l’apport de l’assurance est vital, et la résistance des tenants des marchés n’est pas très vigoureuse.

Ces données sont maintenant bien installées. Enfin, jusqu’à la prochaine offensive de nouveaux acteurs qui ne manqueront pas de s’emparer des demandes non satisfaites. Car les acteurs sur le terrain le sentent bien, les situations sont mouvantes, difficiles à cerner. Certes, les clients ont toujours été plus ou moins instables, mais désormais nous sommes au-delà de simples mouvements d’humeurs. Les niveaux d’exigences croissent, les attentes sont portées par des comportements nouveaux auxquels les assureurs ont du mal à répondre. Leurs organisations sont lentes, lourdes et ils ne sont guère aidés par des réglementations ou plus exactement une mise en œuvre étouffante.

Cette attitude « nez sur le guidon » est préoccupante. Elle ne favorise pas l’anticipation. Nous restons largement dans le verbe. Les analyses descriptives ne sont pas absentes, mais les réalisations restent embryonnaires, et la vision partagée inexistante. Les banques, sous la pression des Fintech, font l’amère expérience d’une rupture qu’elles n’avaient pas anticipée. Les assureurs n’en sont pas à l’abri. Arrêtons de croire, également, que l’analyse et l’anticipation sont de la responsabilité exclusive des dirigeants. Tous ceux qui agissent dans le concert professionnel sont concernés.

Comment être agile, réactif, à l’écoute des clients et innovant lorsque l’évolution réglementaire est déclinée d’une manière aussi tatillonne et nous éloigne de l’analyse pondérée et du bon sens ? Comment gérer les exigences de profitabilité, aussi légitimes soient-elles, sans tomber dans la course à la performance la plus réductrice qu’il soit pour le service aux clients ? Comment intégrer la révolution numérique, sa vague d’opportunités et son lot de contraintes ? De fait, l’incertitude est à la mesure de notre faible lecture de l’avenir même le plus immédiat et à notre propension à rechercher des certitudes. Nous avons tous intérêt à admettre que l’incertitude est inhérente à notre fonctionnement. Nous devons apprendre à travailler avec elle et faire une place, la plus large possible, à la modestie et au pragmatisme. Personne ne sait ce qui fonctionnera demain. Essayons, faisons des expériences et surtout évitons d’en faire des leçons !

Sur ce plan, revenir aux réalités de terrain et à ce qu’attendent les clients sera salutaire. Réinstaurer l’écoute pour éviter de construire des offres, comme des normes, déconnectées des réalités et inefficaces.

Ceci est aussi vrai pour les législateurs, les fonctionnaires chargés de mettre en œuvre que pour les acteurs de l’assurance.

Henri DEBRUYNE

Brèves

Europe : Fortes tensions autour du règlement PRIIP’s.

Fortes tensions autour du règlement PRIIP’s. Le 1er septembre, La commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen a rejeté les modalités d’application du règlement PRIIP’S, présentées par la Commission européenne, et qui devaient entrer en application le 1er janvier prochain. Le débat s’est focalisé sur le document d’information clés (DIC). Les associations professionnelles de l’assurance, de la banque et de la gestion d’actifs étaient vent debout contre les règles que la commission européenne voulait édicter, mais aussi contre la précipitation qu’elle y mettait à la voir mettre en œuvre. L’enjeu n’est pas mince puisqu’il s’agit de l’information sur les performances des produits qui ne serait plus basée sur le passé, mais sur une perspective future. D’ailleurs, les représentants des épargnants se sont joints à la demande de révision considérant, elles-aussi, que ce dispositif pouvait être trompeur. D’autre part, les délais impartis à la mise en place du nouveau règlement PRIIP’s sont jugés impraticables.
Ce débat rappelle, fort à propos, que la production des normes est faite sous la coresponsabilité du Parlement européen et du Conseil. Ce dernier regroupe l’ensemble des Gouvernements des pays membres de l’Union européenne. La commission va devoir réécrire sa copie et, selon toute vraisemblance, reporter la date d’application.

Source : MEDI

Europe : EIOPA consulte sur le Document d’information normalisé (PID).

EIOPA consulte sur le Document d’information normalisé (PID). L’article 20 § 4 de la directive distribution d’assurance impose avant la conclusion d’un contrat la remise d’un document d’information rassemblant les principales informations clés. Ce document normalisé fera l’objet d’une norme technique d’exécution. La consultation lancée par EIOPA sera close le 23 février 2017.

Source : EIOPA

Europe : EIOPA consulte sur l’adéquation d’un produit à la situation du client.

EIOPA consulte sur l’adéquation d’un produit à la situation du client. L’article 30 de la directive distribution prévoit que chaque vente d’un produit d’investissement fondé sur l’assurance doit faire l’objet d’une évaluation du caractère approprié dudit produit. Il s’agit de vérifier s’il convient bien au client, à sa situation financière, à sa stratégie d’investissement et à sa capacité à subir des pertes. Chaque client devra fournir les informations qui permettront à l’intermédiaire ou à l’entreprise d’assurance de s’assurer de la compréhension du client et la bonne adéquation du produit. Ce n’est pas une procédure nouvelle, mais elle sera plus formalisée.

Source : EIOPA

France : Les effectifs d’intermédiaires repartent à la hausse.

Les effectifs d’intermédiaires repartent à la hausse. 5 000 intermédiaires de plus en 7 ans, une majorité de personnes morales, et une stabilisation des effectifs d’agents généraux sont les principales informations apportées par le dernier recensement de l’ORIAS*. Après deux années de tassement, le nombre d’intermédiaires d’assurance immatriculés auprès de l’ORIAS est reparti à la hausse depuis 2014 pour s’établir à 45 899 professionnels en 2015, avec une progression de près de 3 %, comparable à celle enregistrée l’année précédente. Sur ce total, 26 278 - soit 57 % - sont des intermédiaires en assurance uniquement, tandis que les 19 621 restants sont également des intermédiaires en banque et en finance (IOBSP, CIF, etc.). Pour la seule France métropolitaine, 45 093 intermédiaires d’assurance (IAS) sont immatriculés à fin décembre 2015. Sur ce total, 19 800 sont des IAS Personnes physiques et 25 293 sont des personnes morales. Cette dernière forme d’exercice est en progression constante, passant de moins de 50 % de l’effectif total en 2011, à plus de 56 % en 2015.
Les agents généraux dont les effectifs étaient en lente, mais constante, réduction depuis plus de 25 ans semblent amorcer une phase de stabilisation.
Sur la période 2008-2015, ce sont plus de 5 000 intermédiaires d’assurance supplémentaires qui ont été recensés par l’ORIAS, ce qui représente une hausse de près de 13 % sur la période.

Source : ORIAS