Les brèves du MEDI
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Le MEDI dans la presse
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Les notes d'analyse du MEDI

Menaces sur l’activité des distributeurs d’assurance

La vague réglementaire confirme que le métier de distributeur en assurance est en train de muter. En réhaussant l’exercice professionnel, elle élève le niveau des contraintes et pourrait de ce fait mettre à mal la situation économique de certains distributeurs dont un certain nombre Intermédiaires.

2018 sera une année charnière, avec l’entrée en application de deux textes majeurs - la Directive distribution (DDA) et le Règlement européen sur la protection des données personnelles (RGPD) - qui organisent une nouvelle étape dans la professionnalisation et l’organisation des métiers de la distribution de l’assurance. Loin de constituer des points d’orgue, ces deux textes s’inscrivent dans la large et profonde accélération de l’environnement que la réglementation est censée accompagner et encadrer. Il faut donc apprendre à vivre avec un contexte juridique en perpétuel mouvement.

Les cadres réglementaires se sont historiquement inscrits dans le temps long. La jurisprudence elle-même en donnait le tempo. Tout cela dégageait une impression de relative lenteur. Ce n’est plus le cas. Désormais, tout ira « plus vite, plus loin et plus fort ». Il faut désormais s’inscrire dans cette réalité. Une accélération que beaucoup peinent à saisir tant dans ses effets que dans sa dynamique. L’impréparation relative des acteurs face à l’arrivée tant de la DDA que de RGPD est inquiétante. Certes, la production tardive des derniers textes comme du projet de transposition a pu laisser penser que l’information n’était pas suffisante pour entrer dans la phase active de la mise en place. En réalité, l’essentiel était connu et rien n’empêchait d’avancer.

Le résultat est que l’ampleur des changements n’est que faiblement évaluée. De fait, certains modèles de distribution vont avoir du mal à s’adapter et leurs constructions économiques sont directement menacées, tandis que d’autres systèmes, fondés sur des organisations commerciales qui laissent peu de place à l’écoute client et à l’évaluation des besoins, vont devoir se réformer en profondeur. Ce qui ne se fera pas sans remise à plat, sans difficultés ni sans coûts additionnels significatifs. Les intermédiaires sont concernés au premier plan. La taille et l’organisation de la majorité des agences et des cabinets de courtage les rend en effet fragiles pour affronter les nouvelles contraintes. A tel enseigne que le MEDI évalue à 25% les effectifs des courtiers et à 15% ceux des agents qui sont directement menacés de disparition. Soit parce qu’ils tireront d’eux-mêmes les conséquences de leur inadaptation, soit parce que l’évolution du fonctionnement des assureurs leur fermera les capacités dont ils ont besoin, mais le plus souvent les deux à la fois. Croire que cette contraction sera bénéfique à ceux des intermédiaires qui parviendront à se maintenir relève d’une mauvaise analyse. La réduction des effectifs et donc de l’offre se traduira probablement par une fuite des parts de marché vers d’autres systèmes de distribution. L’enjeu en termes de chiffre d’affaires pour les assureurs qui travaillent avec ces intermédiaires est de l’ordre de 10 à 15 %. Cette évaluation est cohérente avec ce qui a pu être observé sur d’autres marchés qui ont vécu des mutations du même ordre (UK, NL, pays Scandinaves).

Le pire n’est jamais certain et, en l’occurrence, dépendra de la volonté des assureurs d’aider les intermédiaires à s’adapter. Ils doivent les soutenir pour franchir cette étape et s’inscrire dans le nouveau contexte. Ils y ont leur place tant leurs capacités d’adaptation et leur efficience restent des atouts. Pour cela, ils doivent notamment avoir accès à de nouveaux outils de marché, fondés sur des pratiques collaboratives et une vision renouvelée de leur offre comme de leur place dans la chaîne de distribution.

La survie des uns et la santé financière des autres dépendront dans une large mesure de la capacité à générer de nouvelles relations et à s’approprier les outils adaptés. D’une certaine manière, les « assurtech » qui émergent dans l’assurance montrent les futurs possible sans qu’il soit nécessaire d’échafauder des solutions trop lourdes ou trop impliquantes.

Henri Debruyne

Brèves

Monde : Révision de l’approche des groupes systémiques.

Révision de l’approche des groupes systémiques. Le Conseil de stabilité financière (Financial Stability Board, FSB) aurait décidé d’abandonner le critère du « too big to fail » (« trop gros pour faire faillite ») pour évaluer les risques que font courir les assureurs au système financier mondial. Cette institution devrait annoncer dans les prochaines semaines qu’elle analysera les activités d’un assureur plutôt que sa taille avant de décider s’il justifie une supervision renforcée. Ce qui déconnecte la taille des métiers pratiqués. Une bonne nouvelle en perspective pour les assureurs concernés (Aegon, Allianz, AIG, Aviva, AXA, MetLife, Ping An, Prudential Financial et Prudential) qui contestent depuis des années la corrélation faite entre la taille et leur caractère systémique.

Source : Reuters

Canada : Les courtiers canadiens devront offrir les produits d’au moins quatre assureurs.

Les courtiers canadiens devront offrir les produits d’au moins quatre assureurs. Dans le débat qui agite depuis quelques temps les courtiers canadiens sur la définition de leur statut, le ministre des finances du Canada a tranché. Le titre de courtier sera réservé aux seuls intermédiaires qui présentent des produits d’au moins quatre assureurs.

Source : Le journal de l’assurance (Canada)

Grande-Bretagne : Inquiète sur l’état de la concurrence réelle, la FCA lance une enquête.

Inquiète sur l’état de la concurrence réelle, la FCA lance une enquête. Le régulateur britannique (FCA) cherche à mesurer si le poids, l’organisation et les méthodes des grands courtiers en assurance ne sont pas de nature à peser négativement sur le marché. En effet, la FCA a déjà enquêté, l’hiver dernier, pour vérifier si des positions de nature oligopolistique n’entravent pas le bon fonctionnement de la concurrence, tant sur les tarifs que sur l’accès au marché de potentiels concurrents. Le régulateur veut également regarder si des conflits d'intérêt ne sont pas préjudiciables aux consommateurs en empêchant les intermédiaires d'agir dans le meilleur intérêt de leur client. « Quand ils choisissent des options de placement pour leurs clients, il peut y avoir des incitations à choisir certains assureurs ou des produits en fonction d’une plus forte rémunération plutôt que ceux qui collent le mieux aux besoins des clients », indique la FCA. Le même souci apparaît lorsque des courtiers placent leurs risques via des « facilities », lorsqu'ils le font auprès d'assureurs qui leur achètent des services additionnels, ou qu'ils proposent des services d'assurance maison pour conserver une plus grande part de la marge.
Le régulateur présentera les conclusions de son enquête à l’automne 2018. Elles pourraient être assorties de préconisations réglementaires.

Source : fca.uk

Europe : Vers un report de l’entrée en vigueur de la directive distribution ?

Vers un report de l’entrée en vigueur de la directive distribution ? Le 25 octobre 2017, le parlement européen a adopté la proposition de la Commission des affaires économiques et monétaires (ECON) de demander à la Commission européenne de repousser au 1er octobre 2018 l’entrée en vigueur de la directive tout en maintenant au 23 février 2018 sa date officielle. La balle est désormais dans le camp de la Commission européenne et du Conseil.

Source : Parlement européen